Une carte on ne peut plus sobre, et cela était suffisant pour prendre la tête de la 23e Coupe Lalla Meryem juste avant le dernier tour. Faire celui-ci devant tout le peloton est en effet un avan- tage. La méthode de la Norvégienne a été très simple : un petit birdie au 1 pour com- mencer à mettre les points sur les i, un bo- gey au 3, pour rassurer ses adversaires, puis une série de neuf par pour bien laisser filer la ligne vers les eaux profondes. Au 13, pour ferrer prudemment, elle réalisait un autre birdie, se contentait ensuite de deux par, puis elle donnait un nouveau petit coup sur sa ligne au 16, grâce à un dernier birdie. Elle avait ainsi accroché un bout du tournoi à un hameçon d’une belle grosseur de 6... coups sous le par.

Mais attention ! D’autres amatrices de pêche au gros dans les mers du Nord voguent autour de la Norvégienne. Lydia Hall et Annabel Dimmock n’ont pas encore replié leur canne, loin de là. Elles aussi sentent que le tournoi pourrait mordre au bout de leur ligne. La Galloise n’est qu’à un petit coup, l’Anglaise à deux petits coups. Ces trois joueuses-là ne devront pas se distraire, s’imaginer que tout se jouera seulement entre elles.

Juste derrière, avec un total de 3 et 2 coups sous le par, pointent leur canne quatre autres joueuses : la Finlandaise Krista Bakker, l’Anglaise Felicity Johnson, la Tchèque Klara Spilkova et l’Ecossaise Kelsey MacDonald, auteur ce samedi d’une très belle prise (- 5 pour la journée). Pour Suzann Pettersen, l’une des clefs sera d’éviter à tout prix les roughs : «Ce qui peut se passer lorsque votre balle ne reste pas sur le fairway est absolument imprévisible !»

Pour le reste, la Norvégienne a sa tactique bien en tête : «La patience est une autre clef à bien tenir entre les mains sur ce parcours.Impossible de réussir si l’on est stressée car ici, les erreurs sont aussi faciles à faire que les bons coups. Et je vais essayer d’être agressive sur les trous qui le permettent. En tout cas, je suis très impatiente de jouer encore une journée ici au Maroc !» déclarait Suzann samedi tout juste après sa partie. Pour un peu, elle serait repartie sur le parcours.

Avec de tels propos, voilà ses adversaires bien mises au parfum ! De fait, Lydia Hall semble un peu dépitée d’avoir perdu la tête, elle qui menait de 2 coups après le 2e tour: « Les clefs seront de mettre la balle sur les fairways, de toucher les greens en régulation et de voir ce qu’on pourra faire au putting.» Vaste programme !

Annabel Dimmock, Lydia Hall et Suzann Pettersen joueront toutes trois ensemble ce dimanche, comme elles l’ont fait déjà samedi. Ce sera donc à qui saura appâter les autres dans ses filets. Gare cependant à ce que le vainqueur ne soit le parcours Bleu. «Plus le parcours est difficile, plus les meilleures joueuses ont de chances de gagner, estime Maha Haddioui. Je trouve ça juste et en plus ça tire le jeu vers le haut.» Ce n’est pas Suzann Pettersen, la joueuse la plus capée du champ, qui contredira Maha. Pour la Norvégienne, un succès représenterait sa 22e victoire professionnelle.