Pour ce dernier tour du Trophée HassanII, une partie de sa famille d’Agadir avait fait la route. Son oncle, sa tante et son cousin ne pouvaient pas manquer un tel événement. Ils étaient déjà au Trophée HassanII quand le tour- noi se déroulait à Agadir. Que de chemin parcouru depuis ses deux premières presta- tions en 2014 et 2015. «Ayoub a beaucoup évolué car il travaille dur», témoigne son oncle. «C’est le travail qui paye. Ayoub est sûr de lui et de ses capacités», ajoute sa tante. Un Lguirati dans la lumière d’un tournoi européen valait donc bien de faire 545 kilomètres !

Avec ce dernier tour plein de fougue, Ayoub a fait honneur à son drapeau. Il a aussi gagné le pari qu’il avait fait avec son kiné à la veille du dernier tour. Une paire de lunettes neuves contre un score sous le par! Bingo, son 72 (-1) hier pour un score total de 296 (+4) l’a ravi au-delà de toutes les espérances. Car non seulement cet amateur de 23 ans qui a découvert le golf à 12ans au Royal Golf d’Agadir avec le coach Marwan Chemssedine, a joué les quatre tours du tournoi majeur marocain, mais il a aussi démontré une aptitude à additionner les birdies. Seize en tout sur les quatre tours dont six dans le dernier tour. Son partenaire de jeu, Johan Edfors, en convient: «C’est vraiment un bon joueur. Il est solide. Il a les capacités pour jouer chez les pros. »

Samedi, Ayoub avait aussi reçu une visite surprise qui a boosté son énergie. «Son Altesse Royale Le Prince Moulay Rachid est venu m’encourager sur le parcours durant deux trous. Cela m’a galvanisé», raconte l’intéressé qui poursuit. «J’ai eu aussi le soutien de jeunes de Marrakech et de gens de Tanger. Quand on a tout ce monde derrière vous, vous devez donner le meilleur de vous-même. » Comme sur le trou n°12, un long par 5, où le Gadiri a attaqué le green protégé par de l’eau: «Un coup de 230 mètres avec mon hydride qui s’est arrêté à quatre mètres du trou pour eagle.» Finalement il a réussi le birdie, son avant-dernier du jour.

«De ces quatre jours, je n’ai retenu que des bonnes choses. Cela m’a fait aussi plaisir de jouer avec des champions que je ne voyais qu’à la télévision. Comme Johan Edfors avec qui j’ai disputé ce dernier tour», s’amuse l’amateur qui s’est classé à la 60e place. Il en profite aussi pour remer- cier Santiago Luna et Marta Figueras-Dotti, les deux nouveaux coaches de la FRMG, qui l’ont beaucoup aidé à réussir cette per- formance. Car il ne faut pas oublier que «Santi» a remporté trois fois le Trophée et qu’en termes de stratégie de parcours, il en connaît un rayon.

Demain, Ayoub Lguirati devra redescendre de son nuage et réattaquer le quotidien du golfeur avec ses heures d’entraînement et ses compétitions qui l’amèneront pro- chainement en France, en Angleterre et en Ecosse. «Ce n’est que le début d’une grande aventure», lâche t-il avant de re- joindre sa famille et recevoir les félicita- tions méritées du golf marocain.