Sous un chaud soleil qui annonce un dimanche étouffant au sens propre comme au sens figuré, ce troisième tour du 44e Trophée HassanII nous a réser- vé quelques surprises. Dans ce jeu de dé- fense adopté par la majorité des survivants du cut, tant le parcours Rouge offre peu de répit, il fallait un joueur qui tente le tout pour le tout, un jeune qui conjugue l’agres- sivité à la chance. C’est ce qu’a réussi un Italien de 20ans qui a pris le parcours à la gorge et secoué tout le champ de joueurs.

Renato Paratore a ainsi battu le record du parcours, nouvelle version, avec une carte de 66 (-7) qui semblait impossible à réa- liser lors des deux premiers tours. Parti à 9h36, à la 38e place du classement, celui qui reste le plus jeune joueur à s’être qualifié, à l’âge de 17ans, sur le circuit européen par les cartes d’accès, a montré la voie à coups de birdies. Huit en tout, trois à l’aller, cinq au retour pour un seul bogey. Cette parfaite illustration du moving day lui permet de se hisser à la deuxième place du classement et de jouer la gagne aujourd’hui.

Considéré comme la nouvelle pépite du golf transalpin, Renato Paratore, qui s’était classé à la 10e place du Trophée HassanII 2016, possède un autre record: celui d’avoir réussi un score de 4 sur chacun des 18 trous du Golf National pour une carte de 72 lors du 2e tour de l’Open de France 2015. Ce n’est pas non plus la première fois que le Romain shoote un score de sept coups sous le par. Déjà, au D+D REAL Czech Masters 2015 et à l’Omega European Masters 2016, il avait démontré les mêmes aptitudes à scorer aussi bas. «Le Rouge est un par- cours très difficile, un vrai test de golf, car du départ, les fairways sont très étroits et les greens tout petits. En tout cas, je suis très heureux de jouer en dernière partie», s’est félicité celui qui pourrait devenir ce soir le plus jeune vainqueur de l’histoire du tournoi.

Leader de l’Open britannique

Mais pour espérer remporter cette première victoire européenne, il devra d’abord se dé- barrasser d’un sacré client en la personne de Pablo Larrazabal qui s’est toujours sen- ti à l’aise au Maroc et, surtout, du leader, Paul Dunne. Auteur d’une carte de 69, l’Ir- landais de 24 ans a enquillé un magnifique putt de 7 mètres au 18 pour s’offrir un petit coussin de deux coups d’avance. Ce n’est pas la première fois que le natif de Dublin mène un tournoi à l’issue du 3e tour.

Il y a deux ans, il avait surpris son monde en étant leader de... l’Open britannique en étant encore amateur! Rien que ça. «En raison du calendrier, je n’ai pas joué en compétition depuis un mois. J’ai donc mis un peu de temps avant de trouver le bon rythme. Si j’arrive une nouvelle fois à jouer sous les 70, je serai dur à battre», a lancé le jeune homme qui, il y a deux ans, avait été conseillé par Paul McGinley, capitaine de la Ryder Cup 2014.

Le camp français, bien placé après le 2e tour, n’a pas abdiqué. Quatre Tricolores sont dans le top 12: Grégory Havret, Grégory Bourdy, Mike Lorenzo-Vera et Victor Dubuisson. Ce dernier, qui n’a pas joué en compétition depuis deux mois et demi a le talent pour réussir un « hold-up», à condition qu’il maîtrise enfin les pars 3 du Rouge, sa bête noire cette semaine.