Confortablement installée devant une télévision qui retransmet le tournoi, dans la salle des Officiels du tour- noi, Klara Spilkova arbore un sourire res- plendissant. Elle vient juste de terminer sa partie. Une partie extraordinaire, une vraie pêche au trésor ! La Tchèque, dont le pays n’est pas vraiment maritime, est probable- ment tombée sur un banc. Pas un banc de sardines, très bonnes plutôt communes. Ni un banc d’aiglefins, même si le nom et l’as- pect fusiforme de ces poissons lui convien- draient très bien. Non, elle est tombée sur un banc de dorades royales! En dix-huit trous, elle sortait de l’eau une collection de six... birdies évidemment !

si sur le point de gagner le tournoi! C’est pourquoi elle regardait aussi attentivement la télévision qui montrait Suzann Pettersen en action. A travers son beau sourire, la Tchèque laissait de temps en temps transpa- raître des rictus d’angoisse: surtout lorsque la Norvégienne faisait un birdie au 17 pour revenir juste à un coup de la tête.

Une remontée extraordinaire

Là, ne tenant plus en place, elle décidait de rejoindre le practice, tout en se laissant embrasser et féliciter par ses consœurs, pour se préparer à un éventuel play off. Il fallait pour cela que Pettersen réussisse un nouveau birdie au 18. Et cela s’est joué à 10centimètres! La grande favorite man- quait donc son putt et se contentait d’une très honorable 2e place. Du côté de Klara, c’était l’explosion de joie, suivie de la tra- ditionnelle douche d’eau organisée par ses amies. «Je suis tellement heureuse, c’est fou! Le challenge le plus dur est toujours de dépasser son ego. Aujourd’hui, j’ai juste gagné pour moi-même.»

La jeune Anglaise Annabel Dimmock, qui entame à peine sa deuxième saison sur le LET, a été très impressionnante. Jusqu’au par 5 du 17 où la malheureuse a manqué son deuxième coup, compromettant très sérieu- sement ses chances de réaliser un birdie qui l’aurait alors mise à égalité avec Spilkova. Une autre joueuse anglaise a fini très très fort le tournoi: Georgia Hall a elle aussi réussi un score de 6 coups sous le par pour se hisser à la 4e place, à égalité avec sa com- patriote Felicity Johnson.

Les spectateurs qui ont pu suivre la Coupe Lalla Meryem, malgré la concurrence du Trophée HassanII, auront pu constater que les joueuses du LET n’ont pas grand chose à envier aux joueurs. Notamment sur le plan du driving. Si les hommes les plus puissants catapultent la balle à près de 300 mètres, le milieu de tableau masculin, dans ce secteur du jeu, pointe en moyenne aux 250 mètres. Une distance qu’atteignent régulièrement les meilleures joueuses du LET. De là à dire que les unes et les autres pourraient faire jeu égal sur un tournoi, il y a un petit pas impossible à franchir tant qu’une compétition ne rassem- blera pas effectivement hommes et femmes sur le même parcours.