Le Rouge s’est montré intraitable hier puisqu’aucun joueur n’a joué sous le score de 70. Sur le circuit européen, c’est une première depuis un an.

Le soleil avait beau briller sur les fairways du parcours Rouge du Royal Golf Dar Es Salam, les scores enregistrés lors du premier tour n’étaient pas au beau fixe. Pourtant, en repassant le 8 en par 5, on aurait pu imaginer que les 144 prétendants au titre allaient tirer avantage de ce par 73. Ainsi sur les 144 joueurs du champ, on n’a compté que 30 birdies et un seul eagle. Un exploit, compte tenu des circonstances, réussi par Alexander Levy.

«J’ai eu un gros coup de chance, résumait le Français qui revenait à la compétition après un travail de deux mois sur son swing avec son nouveau coach, Pete Cowen. Mon troisième coup était un coup de wedge qui est tombé six mètres du drapeau et a roulé jusqu’au trou.» A la fin de la journée, aucun joueur n’avait cassé les « 70 ».

Fairways étroits, roughs redoutables, greens difficiles...

«Aucun score sous les 70? C’est en plus un par 73 et il fait beau…», en sourit Grégory Bourdy, plus que satisfait de son 71 (-2), qui le met à la même hauteur que Levy. On n’avait pas vu ça depuis un an. Depuis le dernier tour du Mauritius Open en mai 2016, un tournoi du circuit européen remporté par un certain… Jeunghun Wang. Le tenant du titre du Trophée HassanII a montré moins de superbe que l’an passé, le Coréen ayant bouclé son premier tour en 77 (+4).

Sur ce parcours de 6964 mètres, un des plus longs de la saison, le rajout et la profondeur de quelques nouveaux bunkers ont donc mis quelques swings à la torture. Leader du « flight du matin », Gary Stal, ne cachait pas sa satisfaction d’avoir rendu une carte de 70 (-3). Même s’il regrettait son bogey au dernier trou de la matinée sur le terrible par 3 du 9, le Français était satisfait de retrouver le haut du leaderboard. Car, depuis sa victoire à l’Abu Dhabi HSBC Championship en janvier 2015, le Lyonnais n’a pas été à la fête sur le circuit. «Le parcours Rouge est redoutable, les fairways sont étroits, les attaques de greens difficiles et il vaut mieux éviter le rough», a analysé le Français, dont la meilleure place dans ce tournoi est 33e en 2014.

Son compatriote, Grégory Havret, co-leader à -3, confirmait : «Le Rouge est définitivement un des parcours les plus difficiles de la saison. C’est vraiment un Robert Trent Jones Sr réussi. En tout cas, réussir un 70 est un bon score sur ce parcours très exigeant.» Deux autres joueurs réussissait cette marque de 70: l’Anglais James Morisson et le Danois Lucas Bjerregaard, rentré au clubhouse au moment où la lumière faiblissait et l’atmosphère se rafraî- chissait. «Attaquer un tel parcours après cinq semaines de break n’est pas chose aisée car vous ne savez pas trop où vous en êtes avec votre jeu», déclarait le Danois à la sortie du recording, en regrettant tout de même d’avoir manqué un petit putt au 18 qui lui aurait donné la place de leader, seul, et l’honneur de scorer sous les 70.

Des quatre leaders, c’est Grégory Havret le plus expérimenté avec ses dix-huit ans de circuit. Mais face à un parcours qui ne pardonne rien, cette place est plus que fragile. Surtout que plus de soixante joueurs se tiennent en quatre coups. Tout est donc ouvert pour ce deuxième tour qui sera baigné par le soleil. L’important aujourd’hui sera d’éviter d’être piégé par ce parcours Rouge qui laissera, à n’en point douter, des traces dans les organismes à la fin de la semaine.