Après un premier tour débuté en fanfare, Maha n’a pu suivre le rythme qu’elle s’était fixé. «Sur ce tournoi, j’ai eu des problèmes avec mes dé- buts de parties mais je me suis bien battue, jusqu’au bout. J’ai fait beaucoup de virgu- les, mais beaucoup de bons putts aussi. Et aujourd’hui, sans avoir bien joué, je m’en sors avec un + 1, ce qui n’est pas mal.»

Sur cette dernière journée, Maha a aussi eu l’occasion de croiser un cas de figure qu’elle ne connaissait pas encore : les mani- festations bruyantes du mécontentement de certaines joueuses, qui donnent par exemple des coups de pied dans leur sac, quitte à le faire pendant que les autres sont en train de jouer... Pour ne pas la nommer, et selon ce que l’on pouvait entendre ici ou là dans la bouche de plusieurs joueuses, Nanna Koerstz Madsen serait familière du fait.

Maha, elle, est plutôt indulgente : «Ce sont des choses qui arrivent, le caractère hu- main est ainsi fait, on peut être très stressée sur un parcours.» Effectivement, les problèmes d’ordre psy- chologique sont très présents dans le golf. C’est la raison pour laquelle la plupart des golfeuses et golfeurs recourent à la prépa- ration mentale qui consiste à se creuser les méninges pour essayer de faire la paix avec soi-même. Ce n’est pas toujours rapide, pas toujours complètement efficace, mais cela peut être passionnant.

Ecoutons ce qu’en disait la grande cham- pionne américaine Mickey Wright (voir Green n°2): «Le golf m’a apporté beau- coup de prix, y compris financiers, mais surtout beaucoup plus que si j’étais de- venue enseignante en psychologie. J’ai l’impression d’avoir acquis mon propre diplôme de docteur en psychologie grâce à mon expérience, mes erreurs et mes tenta- tives pour les corriger, le tout sur les par- cours de golf à travers les Etats-Unis. En golf, la psychologie est aussi importante qu’un bon swing.»

Maha a encore bien du temps pour dé- crocher son propre diplôme. Mais le pro- chain cours aura lieu dès jeudi prochain, en Espagne. A propos, y a-t-il un tournoi qu’elle est particulièrement impatiente de jouer ? «Oui, répond la joueuse, le pro- chain, quel qu’il soit!»