A l’écouter à la sortie de sa splendide prestation au deuxième tour du Trophée HassanII avec un score de 71 (-2), Ayoub Lguirati a joué dans une sorte d’inconscience de l’enjeu. Après le retrait d’un de ses partenaires de jeu, l’Anglais John Parry, Lguirati s’est retrouvé dans une partie de deux, en compagnie de Sam Walker. Ce qui ne l’a pas perturbé : « Les 9 premiers trous, nous n’avions personne devant nous et dans les 9 derniers, nous avons attendu à chaque trou, mais ce n’était pas grave. » Tout ce qui intéressait Ayoub, c’était de jouer coup après coup, faire le maximum de birdies, six en tout, et de ne pas se préoccuper du classement. « Je n’étais même pas au courant du score du cut en arrivant au 18 », a-t-il avoué en concluant son parcours par un par au 18, après s’être, comme à l’accoutumée, quasiment allongé sur le green pour juger de la pente. « Comme je ne vois pas les pentes d’en haut, je me mets au plus près du gazon », explique le joueur d’Agadir, ravi de continuer l’aventure dans ce 44ème Trophée Hassan II : « Je vais continuer de la même manière, coup par coup, et on verra à la fin. »

Lydia Hall est doncla mieux située avec son score de 4 coups sous le par réussi vendredi. Avec les 3 coups sous le par qu’elle avait déjà engrangés jeudi, la voici à moins 7 avant d’aborder le troisième tour. Elle est donc la mieux placée. Pour le moment ! Car, pour le troisième tour, elle partagera sa partie avec ses deux poursuivantes, la plus proche étant l’Anglaise Annabel Dimmock, à deux coups, la seconde étant Suzann Pettersen, à trois coups. Lydia Hall dit se réjouir de cette confrontation directe: « Il me tarde de jouer avec Suzann. Nous avions partagé la même partie à l’Open de Dubaï, au mois de décembre dernier, lors du troisième tour. Je suis très impatiente de rejouer demain avec elle », déclarait-elle vendredi soir.

Trop de pression

Les six autres engagés faisaient plutôt la grimace en sortant du recording. Fayçal Serghini espérait bien rejouer le coup de l’an passé. « La journée d’aujourd’hui a été fade, même assez dure à digérer car mon grand jeu était vraiment à la hauteur. Je n’ai raté qu’un fairway sur les quatorze possibles. Mais mon putting m’a encore lâché, comme hier », a regretté le Casablancais. Ce putting est devenu au fil de sa carrière son talon d’Achille. « Je ne suis pas assez agressif sur les greens. Ce n’est pas une question de technique, c’est vraiment mental. Pourtant, j’ai beaucoup travaillé sur cet aspect du jeu avec notre coach Christian Cévaër », a ana lysé Serghini. Il pointait aussi le manque de compétition à ce niveau : « On ne joue qu’un ou deux tournois de ce niveau par saison. C’est normal qu’on n’y arrive pas ».

Malgré un bon retour, Younès El Hassani (+1 hier) a, lui aussi, subi la dure loi du parcours et regrettait de ne pas avoir bien entamé son parcours par un birdie qui lui tendait les bras au 1.

Le coach du Team ATH avait demandé aux joueurs de se libérer pour ne pas avoir de regrets. Yassine Touhami a retenu le message, tout au moins dans ce deuxième tour, et a été un des deux seuls Marocains à rendre une carte au-dessous du par. Avec son 72 (-1), le Gadiri n’a certes pas passé le cut mais il a montré qu’il avait un grand potentiel. « Cela s’est beaucoup mieux passé aujourd’hui. J’ai changé de driver et les mises en jeu ont été nettement meilleurs. J’ai vécu le même scénario que l’an passé. J’espère revenir plus fort l’année prochaine. »